La psychanalyse est la méthode de soignement de l'esprit, en guerre avec la psychiatrie, bien que cette dernière en est l'origine. Pour mieux comprendre, voilà la psychopathologie.
L'histoire de la psychanalyse commence avec Sigmund Freud, au temps où il rejeta l'hypnose pour soigner ses patients.
Freud, dans un texte de 1914, intitulé Contribution à l’Histoire du Mouvement Psychanalytique, revient sur la question de l'invention de la psychanalyse. Il y rappelle avoir déclaré en 1904, que l'inventeur de la psychanalyse avait été Josef Breuer, mais affirme en être le véritable créateur, par le fait qu'il ait fait subir à la méthode cathartique de Breuer une transformation : rejet de l'hypnose et introduction de l'association libre. Breuer n'a, par ailleurs, jamais revendiqué cette création.
Il est cependant difficile de retenir une date marquant cette invention de la psychanalyse, dans la mesure où ses débuts ont fait l'objet d'une longue élaboration par Freud. R. Perron propose ainsi alternativement les dates de 1881-1882 lorsque Breuer soignait Anna O, de 1893-1896 avec l'hypothèse de l'étiologie des névroses et particulièrement 1895 avec la copublication avec Breuer des Études sur l'hystérie. Toutefois, il est possible, avec l'auto-analyse de Freud, de retenir la période 1897-1900 mais il convient alors d'y adjoindre les longs échanges entre Freud et Wilhelm Fliess de 1890 à 1900 avec comme date précise le 21 septembre 1897, lorsque Freud renonce à sa théorie sur l'étiologie sexuelle des névroses et introduit celle du fantasme. Mais l'on ne saurait sans doute dire que la psychanalyse s'est constituée sans prendre en compte la théorie du refoulement et il est alors nécessaire d'envisager toute la période allant de 1885 (le stage de Freud auprès de Jean-Martin Charcot) à 1915. Enfin la psychanalyse s'est-elle peut-être véritablement constituée avec la théorie d'une sexualité infantile et la publication en 1905 de Trois Essais sur la Théorie de la Sexualité. Si R. Perron ne situe donc pas précisément la naissance de la psychanalyse, il affirme cependant que l'histoire de la psychanalyse reste indissolublement liée à celle de Freud, son créateur.
Après son diplôme de médecine obtenu en 1881, et un passage par diverses spécialités dont la zoologie, la physiologie et la neurologie — il est par exemple l'un des découvreurs de l'anesthésie locale — Freud suivra ensuite une formation de psychiatre et sera en 1883 l'assistant de Theodor Hermann Meynert, un grand psychiatre viennois avant d'ouvir un cabinet en tant que médecin de ville spécialiste des maladies nerveuses.
En 1883, Josef Breuer, raconte à Sigmund Freud, comment il traite par une psychothérapie, une de ses patientes, Bertha Pappenheim sous le pseudo Anna O, qui souffrait de troubles hystériques. Cette patiente devait se confier à Breuer qui analysait ses symptômes à partir d'une théorie qui reposait sur la recherche du traumatisme psychique et de son abréaction grâce à l'effet cathartique de cette prise de conscience verbale (elle devait s'exprimer pour se soigner). Son état se serait alors, au moins temporairement, amélioré mais Breuer, ignorant ou sous-estimant les effets du transfert et du contre-transfert ne se serait pas rendu compte que cette talking cure (thérapie par la parole) n'avait pas eu tous les effets escomptés. Henri Ellenberger a ensuite établi que cette patiente avait dû encore suivre des traitements avant d'aller mieux et de devenir assistante sociale puis se consacrer à la cause d'enfants juifs.
En 1885, ayant obtenu une bourse, Freud se rend à Paris en stage auprès du neurologue français Jean-Martin Charcot. En 1886, il utilise pour la première fois le mot "psycho-analyse", ouvre un cabinet médical à Vienne pour recevoir des névropathes. L'hypnose sera utilisée de manière régulière à partir de 1887. Le neurologue rencontre Wilhelm Fliess dans la même année. En 1897, il renonce à sa "neurotica" dans une célèbre lettre à Wilhelm Fliess datée du 21 septembre.
En 1889, Freud travaillera selon la méthode cathartique de Breuer avec une nouvelle patiente. En 1893 paraissent des Communications Préliminaires, rédigées par Freud et Breuer, qui décrivent le principe de souvenirs pathogènes et de l'abréaction, méthode cathartique. L'étiologie sexuelle de l'hystérie ne fait plus de doutes selon Freud. En 1894 apparaissent les termes de névropsychoses de défense et de libido. En 1897, Theodor Lipps donne une conférence sur l'inconscient. Leopold Löwenfeld publie Leçons de Psychothérapie Générale.
L'année 1900 est la date de parution de L'Interprétation des Rêves. C'est aussi cette année que Ida Bauer, le cas Dora, commence une cure avec Freud.
En 1901 est publiée la Psychopathologie de la Vie Quotidienne. 1902, Freud est nommé professeur extraordinaire par l'empereur François-Joseph. Cette année marque la fin de la relation épistolaire entre Freud et Wilhelm Fliess. La Société Psychologique du Mercredi voit le jour. En 1904, Carl Gustav Jung entame le traitement de Sabina Spielrein qui deviendra aussi son amante. L'année 1905 voit la publication de Le mot d'Esprit et sa Relation à l'Inconscient et surtout des Trois Essais sur la Théorie Sexuelle ainsi que sa rupture avec Breuer. Freud commence à analyser l'homme aux rats, Ernst Lanzer, en 1907. L'année 1908 est celle de la création de Société Psychanalytique de Vienne (W.P.V.). Le 27 avril 1908 a lieu le premier des congrès internationaux de psychanalyse, présentations informelles de cas (comme celui du petit Hans), auprès de Sándor Ferenczi, Carl Jung, Karl Abraham, et d'autres. En septembre 1909 Freud, Ferenczi et Jung partent en Amérique.
En 1910, sur une idée de Ferenczi, Freud fonde l'Association psychanalytique internationale, sous la présidence de Jung. Il prend en analyse Sergueï Pankejeff (« l'homme aux loups »). Dès 1911, Alfred Adler quitte l'API, s'intéressant au socius, normes extérieures à partir desquelles des caractéristiques organiques déterminaient les maladies mentales. En 1912, c'est au tour de Wilhelm Stekel de quitter l'API. En 1911 apparaissent des divergences inconciliables de vues avec Jung. Celui-ci publie le premier volume de Symboles et Métamorphoses de la Libido, Freud publie Totem et Tabou en 1912, ouvrant à la psychanalyse l'étude des religions. La revue Imago paraît. Cette même année Jung publie le second volume de ses Métamorphoses où il sait que son approche du sacrifice ne pourra pas être admise par Freud.
C'est en 1913 qu'est créé le comité secret composé de Karl Abraham, Sándor Ferenczi, Ernest Jones, Otto Rank et de Hanns Sachs. S'y adjoignit Max Eitingon. Ce comité a pour but de défendre la psychanalyse freudienne des vues de Jung et de ses amis. 1913 est aussi la date du Congrès de Breslau au cours duquel la psychoanalyse de Freud est vivement contestée dans ses fondements théoriques, cliniques et pratiques par les milieux psychiatriques. Pierre Janet présente, au congrès international de médecine, à Londres, un exposé dans lequel il critique les théories de Freud. En 1914, Carl Jung démissionne de son poste de président; il fonde la psychologie analytique. En 1919 se crée la Société Suisse de Psychanalyse.
Pendant la Première Guerre mondiale sont créées des sociétés psychanalytiques en Amérique, aux Pays-Bas, et en Espagne. En Hongrie, Ferenczi se voit accorder une chaire universitaire durant le régime de Béla Kun. En Angleterre, Ernest Jones poursuit ses activités pour diffuser les vues de la psychanalyse dans des sociétés médicales ou psychologiques. Juste après la Première Guerre mondiale, Jones, en Angleterre, créé la British Psychoanalytical Society.
La guerre va avoir une incidence sur la psychanalyse. Pendant le conflit mondial, les premiers psychanalystes vont étudier les névroses traumatiques. Sigmund Freud mesure les effets de cette affection chez un membre de sa famille. Il appréhende cette pathologie dans ses écrits de guerre et d’après guerre. Plusieurs de ses disciples vont occuper des postes de médecin militaire. Karl Abraham, parent d’Hermann Oppenheim, peut par son activité auprès de soldats souffrant de traumatismes physiques enrichir sa compréhension des traumatismes psychiques.
Devenu psychiatre, il utilise dans sa pratique une « psychanalyse simplifiée ». À la fin de la guerre, il dirige à Allenstein, un service psychiatrique d’orientation psychanalytique, à partir duquel, il propose une contribution. Ernst Simmel utilise une thérapeutique à l’origine de la psychanalyse, la technique cathartique et obtient avec elle des succès.
Sandor Ferenczi montre que la psychiatrie qui s’oppose à la psychanalyse, va durant la guerre, en utilisant sa terminologie, s’en rapprocher. Ernest Jones qui n’est pas mobilisé, peut poursuivre des psychanalyses avec des soldats choqués en demandant des délais aux autorités. Dans sa contribution, il insiste sur le conflit psychique et se rapproche de celle d’Abraham. Victor Tausk livre son expérience de psychiatre dans un texte où il s’intéresse aux psychoses de guerre, à la différence des autres psychanalystes tournés vers les névroses de guerre. Il fait part d’une contribution originale sur le phénomène de la désertion. Helene Deutsch étudie l’incidence symptomatologique de la guerre sur les femmes à partir d’un service dont elle a la charge à la clinique de Julius Wagner-Jauregg. Enfin, pendant la guerre, Theodor Reik est mobilisé. Après la guerre, il s'intéressera à l'effroi dans plusieurs de ses travaux et articulera cette notion à la névrose traumatique. La guerre va avoir une portée sur les décennies suivantes.
Après la première guerre, Freud sera marqué. Il élaborera une seconde topique, postulera une pulsion de mort et une compulsion de répétition ; mais la pulsion de mort ne sera pas acceptée par tous et reste, de nos jours, débattue.
En 1920 se crée l'éphémère Société Psychanalytique de Genève. Les années folles marqueront une profonde divergence quant à la psychanalyse des enfants. En 1925 meurt Karl Abraham. En 1926 est fondée la Société Psychanalytique de Paris. En 1928 Melanie Klein écrit son premier article Les Stades Précoces du Conflits Oedipien qui sera suivi en 1932 de l'article fondateur: Contribution à l'Etude de la Psychogenèse des Etats Maniaco-dépressifs.
Sándor Ferenczi meurt en 1933. Toujours en 1933, Wilhelm Reich écrit un ouvrage important "La Psychologie de Masse du Fascisme" ("Massenpsychologie des Faschismus") à propos du régime hitlérien avant d'être exclu, en 1934, de l'IPA.
Selon Roudinesco, « parmi toutes les écoles de psychiatrie dynamique, la psychanalyse était la seule a avoir reçu en tant que telle le qualificatif de "science juive" », et le « nazisme ajouta à son programme la destruction radicale de la psychanalyse, de son vocabulaire, de ses concepts, de ses œuvres, de son mouvement, de ses institutions, de ses praticiens. Ce programme fut progressivement réalisé sous la houlette de Matthias Heinrich Göring », en vue d’une « nazification de la psychanalyse en Allemagne » qui conduit à bannir « tout ce qui pouvait évoquer la judéité sous quelque forme que ce soit : le mot psychanalyse ne devait plus être prononcé » et Göring vérifie « qu'aucun terme freudien n'est utilisé. On a remplacé tous les concepts de la psychanalyse par d'étonnants synonymes et l'on prône une psychologie "aryenne" ». Les psychanalystes juifs d’Europe continentale sont obligés de fuir et ceux qui n'y parviennent pas périssent dans les camps de concentration.
Freud publie en 1937 Analyse Finie et Analyse Infinie, ou il reprend certaines questions posées par Ferenczi ; il meurt le 23 septembre 1939.
Jacques Lacan, passioné par la psychanalyse freudienne créa un nouveau modèle psychanalytique, complètement différent de celui de Freud mais "étant complémentaire".
Les deux plus grand psychanalystes resteront donc Freud et Lacan, pouvant soigner un malade en rejetant les psychotropes, les médicaments et l'hypnose. L'écoute et la patience ont fait d'eux des psychologues bienveillants et savants.




